Premier récit de Bertrand Schmid paru en octobre 2011 aux éditions d’autre part.
Ce court roman compte 78 pages et 6 chapitres.
Voici ce qu’en dit le quatrième de couverture:
Un homme se rend dans une ville étrangère afin de rejoindre une compagne idéalisée. Mais ce voyage vers l’autre modifie ses repères.
Dans une construction littéraire aussi ingénieuse que musicale, l’auteur nous fait partager les tourments progressifs qui mènent le voyageur à son âge d’homme. Un premier ouvrage concis éblouissant de maîtrise romanesque.

Extrait d’Ailleurs.
Par inaction, je cherchai le premier jour que faire. Je me promenai un peu, mais les rues de la ville et les trombes d’eau et ce désert humain, je finis par aller à un tabac, celui du coin, au bas de la rue en pente. J’y achetai un paquet au bleu nostalgique, passé, avec une danseuse drapée de fumée. Une Cellophane en coula, je pus en extraire le clope racé, avec le chlore qui lui donnait sa sèche couleur de craie, comme rugueux d’avoir attendu la flamme. Je commandai aussi, en tirant une bouffée, une bière pour mettre mes idées d’aplomb. Le houblon donne du cœur le matin, il noue dans l’estomac la pointe d’acide qu’il faut, mais avec une douceur derrière. La brune à mes lèvres, dans sa robe immaculée qui brûle à un bout, envoie dans l’air ses mélanges de légers gris bleutés avec quelques cendres subtiles. Ça volette un peu partout.
Quelques avis.
24 Heures.
Marie Musy dans le 24 Heures du 19 novembre 2011 :
Partant à la rencontre d’une femme forcément fantasmée puisqu’il ne l’a jamais vue, un homme se rend dans une ville inconnue, un lieu qu’il qualifie comme son « ailleurs ». Autour de ce rêve, ou plutôt de ce cauchemar, Bertrand Schmid construit habilement un récit au lyrisme absolu. Les ambiances, les personnages et les paysages sont décrits avec une poésie à la fois sombre et lumineuse. Une force d’évocation qui entraîne le lecteur dans une spirale d’espoirs, souvent déçus, mais qui suscite surtout quantité d’images. Un ailleurs comme un paradis de mots, choisis et choyés par un jeune auteur très prometteur.
L’Hebdo.
Julien Burry dans L’Hebdo n° 43 du 27 octobre 2011 :
Un homme s’exile dans un pays inconnu pour rejoindre sa promise, une femme qu’il n’a connue que virtuellement. Le premier roman du Vaudois Bertrand Schmid broie du noir (quitte à forcer parfois le trait). Mais son écriture au lyrisme sombre séduit. Dès le départ, ce voyage vers une vie meilleure est voué à l’échec, et l’histoire d’amour tant rêvée se délitera avant même d’être vécue. Comme si le bonheur programmé ne pouvait que se révéler creux. Une métaphore sans concession de la vie, perçue comme un perpétuel exil.
Le Courrier (Oron – Châtel-St-Denis).
Katharina Kubicek dans le Messager d’Oron du 14 octobre 2011 :
Tour à tour lyrique et hyper réaliste, et profitant au passage de liquider quelques maniérismes d’écriture, l’auteur a ainsi renoué avec une écriture devenue aujourd’hui pour lui une exigence inéluctable (…) Ailleurs explore les vertiges d’une nouvelle rencontre, tutoie les frissons de la chair, et ne s’épargne pas le malaise d’une lente déconvenue, d’un glissement vers le désespoir.
